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Abbaye Sainte Marie du Désert 31530 - Bellegarde Tél. 00 33 5 62 13 45 45
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1098. Conduits par leur abbé Robert, un groupe de moines quitte l’abbaye de Molesme et gagne la solitude de Cîteaux, au sud de Dijon, pour “suivre pauvres le Christ pauvre” et vivre la Règle de saint Benoît dans toute sa pureté. Albéric et Étienne, successeurs de Robert et fêtés avec lui le 26 janvier par les Cisterciens, poursuivent avec persévérance cette quête du vrai bonheur dans les veilles, la prière et un rude labeur :
A la même époque, dans la lointaine Gascogne, quelques lieues à l’ouest de Toulouse, Marie Desclassan, jeune orpheline, se retire seule dans un vallon désert, un herm. Comme Robert et les siens, elle se place sous la protection de la Mère de Dieu. Bientôt s’élève, sur le tombeau de la jeune ermite, un humble sanctuaire marial, Sainte-Marie de l’Herm, plus tard Ste-Marie-du-Désert, vers lequel affluent, chaque année le 8 septembre, fête de la Nativité de la Vierge, les populations avoisinantes.
1113. Avec une trentaine de compagnons, Bernard de Fontaine, jeune seigneur bourguignon, vient frapper à la porte de Cîteaux. Très vite, son abbé Étienne l’envoie fonder Clairvaux, en Champagne. Vers un tel maître, à l’École de la Charité, les disciples affluent. Essor extraordinaire qui peuple l’Europe de monastères cisterciens. Gascogne et Languedoc ne sont pas oubliés, avec de prestigieuses abbayes comme Granselve, l’Escaladieu, Belleperche, Fontfroide, Sylvanès… Mais guerres, pestes, mise en commende des abbayes, font leur œuvre destructrice, et la Révolution viendra porter le coup de grâce à un édifice chancelant, comme elle jettera bas la petite chapelle de Ste-Marie-du-Désert.
1791. Les moines cisterciens de La Trappe, abbaye normande réformée par l’abbé de Rancé au XVIIème siècle, trouvent refuge en Suisse, avant de partir, sous la conduite de Dom Augustin de Lestrange, pour une incroyable odyssée qui les mènera jusqu’en Russie. La tourmente passée, ils reviennent en France, où ils relèvent d’antiques abbayes, comme celle d’Aiguebelle dès 1815.
1852. Six moines d’Aiguebelle arrivent à Ste Marie-du-Désert pour y fonder un monastère. Dès 1820, la chapelle avait été reconstruite. Stimulés par le Père Avignon lors du pèlerinage de 1849, prêtres et chrétiens du terroir ont réclamé : « Nous voulons des Trappistes ! » Née dans la pauvreté, la communauté prend vite son essor. De nombreuses fleurs de sainteté cachée éclosent dans le désert de Sainte Marie, comme autrefois dans ceux de Cîteaux, Clairvaux ou Granselve. L’une d’elle, si frêle, tellement inaperçue, “broyée par la souffrance” comme le Serviteur d’Isaïe, soutenue par le Père André Malet, parcourt en quelques années ce Chemin du Bonheur que Jésus nous trace dans les Béatitudes. Bienheureux, l’humble Frère Marie-Joseph Cassant (1878-1903) le sera proclamé par Jean-Paul II le 3 octobre 2004 sur la Place Saint Pierre de Rome. |